La construction de la première section de l’autoroute Moscou – St.Peterbourg (15 – 58 km) est largement couverte dans la presse comme le premier partenariat public – privé (PPP) dans le secteur routier en Russie. Pourtant, ce qui est étonnant c’est que l’on en sait très peu à propos de l’accord de concession passé avec le partenaire privé – la Compagnie Nord-Ouest de Concession (Severno-Zapadnaya Contsessionnaya Compagniya) – à part le fait que c’est à elle que le gouvernement russe et les futurs utilisateurs de la route devront 1,5 milliards d’euros [1] lors de 30 ans du contract.

Les médias de masse russes ont largement couvert la participation au projet du géant français de construction Vinci et du groupe russe N-Trans. Le nom d’Arkady Rotenberg, un ami de Vladimir Putine, a aussi été mentionné, bien que son rôle dans le projet n’ait pas été précisé. Le seul fait que le PPP est projeté d’être créé avec une compagnie dont il est impossible de savoir de sources libres quelle est sa structure et quels sont ses propriétaires, est un signal d’alarme.

L’étude plus attentive de la structure de la Compagnie Nord-Ouest de Concession révèle l’existence d’un réseau complexe d’organisations offshores dont les traces se perdent quelque part sur les îles Vierges britanniques et affirme la participation au projet d’ Arkady Rotenberg. Comme la législation des îles Vierges britanniques permet aux organisations qui y sont enregistrées de garder secret les noms de leurs actionnaires, il est clair que toutes ces structures compliquées ont pour but de dissimuler les vrais bénéficiaires des revenus du contrat de la Compagnie Nord-Ouest de Concession. Le rôle de N-Trans et ses propriétaires milliardaires reste vague.

Cette histoire soulève de nombreuses questions, notamment en ce qui Vinci et l’implication de l’entreprise Libano-Sirio-Française, Vosstran Invest SA. Dans quel but une compagnie aussi expérimentée que Vinci engage une entreprise inconnue tel que Vosstran ? Quels sont les intérêts des personnes qui se cachent derrière Vosstran Invest SA ? Ont – elles assez d’expérience pour participer à de tels projets ?

Le nouvel accord avec la Compagnie Nord-Ouest de Concession doit être signé au mois du mai et l’opinion publique russe mérite de recevoir les réponses à ces questions avant que le projet continue. Le gouvernement russe doit publier cet accord de concession et prouver que le projet profitera, non seulement aux propriétaires de la compagnie, mais aussi à l’intérêt général. A travers toute l’Europe les PPP ont la réputation de porter des projets trop chers et qui profitent beaucoup au secteur privé, alors que le secteur public prend à sa charge les responsabilités et la plupart des risques [2]. Pour que ce modèle ait du succès en Russie et puisse éviter les problèmes qui se sont posés dans d’autres pays il est absolument nécessaire d’organiser cela correctement, dès le début.

Il est suprenant que les banques publiques européennes – la banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la banque européenne d’investissement ont considéré comme possible, le financement de ce projet flou. Malgré le fait que la BERD n’est pas engagée dans le projet et que la BEI ne fait pas non plus l’évaluation du projet, à l’avenir elles devraient élargir les critères de d’évaluations de tels projets pour les refuser dès l’étape initial. Les banques qui restent engagées dans le projet, Sberbank et Vnesheconombank, devraient réévaluation les risques liés au financement de cette structure qu’il est impossible de cerner.


[1]: European Investment Bank project document, 11.11.2009
[2]: Regardez à titre d’exemple CEE Bankwatch Network: Never mind the balance sheet: the dangers of public-private partnerships in centraland eastern Europe, November 2008